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C’est quoi un Living Lab en Santé ?

Finalement, c’est quoi un Living Lab Santé ? Retour du forum LLSA x Future4Care

Accueilli et introduit par Jeanne Tieu-Benichou, directrice de l’Institut Future4Care & Denis Abraham, président du Forum LLSA, le forum living lab santé autonomie (LLSA), organisé par Christelle Piatti, a rempli son objectif principal : favoriser la rencontre & l’échange entre l’ensemble des acteurs qui appartiennent au monde du soin & des technologies associées : start-up, living lab, institutions gouvernementales telles que l’ANS et réseaux (Fedhra,Tech4Health,Filière Santé Numérique,etc) se sont ainsi retrouvés.

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J’aurais pu retranscrire mot par mot l’ensemble des échanges qui ont eu lieu. Et j’y ai pensé, car vraiment les conférences étaient de grande qualité. Mais déjà :

·      Mes mains n’allaient pas assez vite sur le clavier…

·      Et j’aurais perdu sans doute l’essence de la question que (re)posait cette journée : quelle est la raison d’être d’un living lab ?

Valentin Berthou, chargé de mission – animation & valorisation de la recherche pour la Mission Recherche (MiRe) de la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques), m’a inspiré finalement cet article en proposant, de façon presque philosophique, de poser une définition ou un ensemble de perception qui pouvait cadrer ce qu’était un living lab.

Reprenons sans doute la base : quelle histoire derrière les Living Labs Santé?

Des premiers articles font mention de living lab au début des années 90 (cf Living Laboratory – Bajgier et al.), puis popularisé en Europe à partir de 2006, le phénomène des living lab a pris de l’ampleur cette dernière décennie.

En France, les premières structures d’expérimentation des usages se reconnaissant comme Living Lab en santé datent de la fin de 2005-2006. En 2006 apparaît ENoLL, premier living lab français et d’autres réseaux favorisant l’émergence du concept : France Living Lab ou le Forum LLSA.

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Quel est le rôle d’un living lab en santé & autonomie ?

Suite aux différentes interventions de Denis Abraham, président du forum LLSA, nous pourrions tenter de synthétiser en indiquant que le living lab, de par son organisation, est source même d’innovations, et qu’il permet véritablement de faire gagner du temps.

Gagner du temps dans le sens où les coûts de conception sont réduits car les tests d’usages sont multipliés & pertinents car mettant au cœur de leur démarche l’utilisateur final. Cela permet in fine dans la création de solutions d’avoir un véritable avantage concurrentiel car selon les retours terrain, cela peut même favoriser et/ou accélérer une mise sur le marché.

Le living lab, véritable démarche « user-centric » vise une conception conjointe avec les utilisateurs pour une meilleure appropriation des outils, produits & services.

Quelle définition proposer pour un Living Lab en Santé ?

Avant de vous partager la définition que propose le forum LLSA, je me suis permise de poser la questions à deux acteurs différents, afin de savoir si in fine, nous pouvions avoir la même vision de ce qu’était un living lab en santé, et de ce que nous pouvions en attendre.

Emmanuel Pavageau, expert indépendant de la commission européenne & PDG de 2IM Conseils, et Julien Adrian, Chef de Projet ergonome dans la recherche et l’innovation pour Street Lab, ont accepté de jouer le jeu l’espace de quelques minutes, et voici ce que cela donne.

Pour Emmanuel Pavageau, un living lab serait « un espace collaboratif réunissant les parties prenantes de l’écosystème santé & autonomie, à savoir le patient, les soignants, les aidants, les services à la personne, les industriels – PME, start-ups, etc – et les tutelles afin de définir les meilleurs services et solutions possibles pour les personnes. »

Pour Julien Adrian, ce serait « un lieu de co-conception, d’évaluation, un dispositif dans lequel on inclut directement le patient. A la fois dans la démarche de spécification du besoin et de l’outil à développer avec les itérations à venir pour tester avec le patient si l’outil est adapté, et selon ajuster. »

✔️La proposition du Forum LLSA prend bien en compte ces deux pensées (et encore un grand merci à eux de les avoir partager !), en y ajoutant la raison d’être des enjeux qui entourent aujourd’hui le secteur du soin :

« Les living labs sont des écosystèmes du monde réel et des environnements cliniques où les parties prenantes, y compris les professionnels de santé, les patients, les soignants et les citoyens, coopèrent pour développer, piloter et mettre en œuvre des solutions innovantes qui répondent aux défis des soins de santé et du vieillissement de la population. »

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Le Living Lab Santé, véritable coup de pouce pour faire émerger le patient expert ?

Dans le secteur de la santé, le patient est – parfois – consulté sur la qualité des soins reçus, à l’aide des questionnaires de satisfaction par exemple. Désormais, avec le living lab, il s’implique véritablement dans la création de services et de technologies ou dispositifs médicaux au service du soin et de l’expérience même en tant que patient.

Le Living Lab met le citoyen-patient au centre en reconnaissant son expertise au niveau de ses symptômes, et de sa capacité à témoigner des difficultés rencontrées lors de son parcours, des manques criants à certaines étapes et de son expérience globale. Et avec l’émergence des objets connectés qui permettent de suivre « non-stop » le patient et ses données vitales, cela ancre définitivement le rôle essentiel que peut constituer le patient citoyen & expert.

Quels financements pour un Living Lab ?

Ce sujet 💲n’a pas été abordé lors de cette journée, mais Robert Picard, Référent santé du Conseil général de l’économie et cofondateur du Forum LLSA, avec Samuel Benveniste & Pierre-Yves Trainard ont d’ores et déjà apporté une réponse il y a quelques années et il me semblait intéressant de la partager.

« Le financement varie selon l’origine, le champ d’action et l’ancienneté du LLSA. On trouve principalement : des subventions (y compris la mise à disposition de ressources humaines ou matérielles à titre gracieux ou selon des accords favorables) ; la participation à des projets de recherche (comme concepteur ou évaluateur d’idées ou de solutions) ; la vente de services (études, expertises, formations).

Au-delà des subventions de soutien à leur lancement, les Living Labs peuvent recevoir des fonds, des adhésions, du fait de leur valeur sociale. Le financement au travers de réponse à appel à projets ou d’évaluation de projets portés par des start-up, PME, ETI ou grandes entreprises est majoritaire par la suite. Enfin, l’expertise accumulée, la notoriété, l’ampleur et la qualité des réseaux constitués autour du Living Lab sont des facteurs d’accès à un marché durable et lui permettent de proposer des expertises et des cycles de formation. Être en mesure et en légitimité de vérifier la conformité avec des exigences règlementaires (ergonomie de la réglementation des dispositifs médicaux, marquage CE notamment) est un facteur de pérennisation. » (source : adsp n°108)

De nombreuses autres questions pourraient se poser, comme le nombre de living lab existant en France (le nombre 30 est ressorti plusieurs fois mais date de… 2017) et d’autres aspects. Et pour cela n’hésitez pas à compléter l’article avec vos propres remarques, nuances et même définition de ce qu’est un living lab.

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Pour aller plus loin 🔍:

https://www.horizonspublics.fr/les-living-labs-une-nouvelle-approche-de-lexperimentation-en-sante-et-autonomie

https://www.cairn.info/revue-entreprendre-et-innover-2016-4-page-25.htm#no10

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